Le projet Respectées

Publié le 20 juin 2016 • Mis à jour le 25 juillet 2016

Depuis 2009, l’Union départementale de Paris s’engage dans la lutte contre les violences faites aux femmes sur leur lieu de travail. Journées de formation, distribution d’outils de sensibilisation, partenariat avec une association, elle aide ses militants à s’emparer de ce dossier.

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Affichages pornographiques, harcèlement ou encore agressions verbales et physiques … Les femmes subissent tout autant de violences sexistes et sexuelles dans leur vie privée qu’en milieu professionnel. Au fil des années, l’égalité professionnelle mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes au travail sont devenues de manière évidente des priorités pour la CFDT de Paris.

Campagne de sensibilisation

Consciente de la complexité pour les équipes syndicales de se saisir de ce dossier sensible, l’union départementale s’investit depuis 2009 dans le projet Respectées, subventionné à l’origine par le Conseil Régional d’Ile-de-France et l’Union régionale CFDT Ile-de-France. Objectifs : inciter les militants syndicaux à intervenir sur cette thématique, les aider à accompagner les femmes victimes de violences et leur livrer des outils pour sensibiliser au mieux les salariés de leur entreprise. « Les femmes ne s’adressent pas en priorité aux acteurs de l’entreprise lorsqu’elles veulent dénoncer les violences qu’elles subissent. Elles ne considèrent donc pas les organisations syndicales comme un premier recours, déplore Christophe Dague, secrétaire général de la CFDT Paris. Il est primordial que la CFDT soit reconnue sur ce sujet et que nos sections syndicales communiquent sur leurs capacités à prendre en charge les dossiers des victimes ».

Comme combattre les violences et accompagner les victimes ne s’improvisent pas, l’UD de Paris mise avant tout sur des journées de formation et de sensibilisation. En six ans, plus de 2.000 militants CFDT – élu-e-s d’entreprise et mandaté-e-s (conseiller-e-s du salarié et conseiller-e-s prud’hommes) - ont été formé-e-s à la prévention des violences sexistes et sexuelles au travail. Au programme : les différentes formes de violences subies par les femmes (harcèlement, agressions, viols, sexisme, …), la législation en la matière (code du travail, code pénal, jurisprudence …), la prise en charge des victimes, le rôle central que doivent tenir les syndicats.

Les militants, piliers de la prévention

Ecouter la victime, recueillir des éléments de preuve utiles à sa défense, faire une demande d’enquête au CHSCT, interpeller l’employeur sur les mesures mises en place dans l’entreprise pour prévenir ces agissements, saisir l’inspection du travail si les obligations légales ne sont pas respectées sont autant de missions que doivent accomplir les institutions représentatives du personnel. L’UD de Paris est présente aux côtés des militants syndicaux pour les aiguiller dans leurs actions et leur fournir moult outils de communication. Tracts, affiches, brochures visent tout à la fois à montrer au salariés que les sections syndicales agissent sur le sujet, à convaincre les victimes de s’exprimer et rappeler aux auteurs des faits les sanctions auxquelles ils s’exposent.

Pour assurer la réussite de ces actions de prévention, l’UD de Paris a noué un partenariat avec l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) avec qui elle co-anime notamment les formations. « C’était essentiel pour nous de travailler avec une association spécialisée sur ce sujet, explique Christophe Dague. Les militant-e-s peuvent bénéficier de l’expertise de l’AVFT et d’un regard sur leurs pratiques syndicales. Nous travaillons en complémentarité et dans le respect des positions de chacun ».