Discriminations

Publié le 20 juin 2016 • Mis à jour le 26 juillet 2016

La CFDT Paris travaille sur la prise en charge du sujet des discriminations depuis sa création en 1968.

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L’action de la CFDT Paris

Ce n’est pas l’actualité qui nous a fait prendre en charge le sujet des discriminations puisque, sous différentes formes, l’UD CFDT de Paris y travaille depuis sa création en 1968 (voir la rubrique "notre histoire").

Mais c’est l’actualité qui nous conforte dans notre engagement et qui nous porte à continuer sans relâche ce combat.

Pour mener à bien ce travail et parce que les discriminations ne sont pas que directes et sont le résultat d’un système qu’il faut analyser, il est important d’en identifier les acteurs et d’en comprendre le fonctionnement pour pouvoir agir.

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Ce sont les chercheurs-ses qui ont mis en évidence cet aspect systémique notamment grâce à l’étude commandée par la CFDT et menée en 1997 par le CADIS, qui a produit un livre « Le Racisme au Travail » de Philippe Bataille. C’est à partir de cette recherche-action que nous avons abordé ce nouveau chantier avec une nouvelle approche. Nous avons travaillé en osant affirmer que, nous aussi, syndicalistes, sommes dans le système, ce système qui produit des discriminations, des inégalités, des violences. Ce système qui laisse à la porte des entreprises certaines catégories de femmes et d’hommes, ou qui les empêchent d’accéder à de nouvelles fonctions dans l’entreprise.

Formations

Nous avons décidé, dès 1999, de former les responsables de syndicats et militant-e-s d’entreprise. L’objectif était alors d’accompagner les équipes, dans l’entreprise, sur le sujet de la lutte contre les discriminations raciales.

En 2003, nous avons construit un nouveau produit de formation en direction des acteurs du juridique (conseiller-e-s prud’homaux et défenseurs-ses syndicaux) et produit en 2004 un guide pratique, appui méthodologique à la prise en charge « des situations de discrimination au travail », à destination des militant-e-s du secteur privé.

Toutes nos formations sont constituées de trois grandes parties :

Tout d’abord, un travail sur les représentations en matière de discrimination. Il s’agit là de dédramatiser, de définir les termes utilisés pour en réduire la charge émotionnelle, et surtout montrer que chacun a ses propres préjugés. Ainsi, même si on a tendance à associer les notions de racisme et de discrimination, nous souhaitons qu’il n’y ait pas de confusion : la discrimination s’inscrit dans le registre des pratiques, alors que le racisme renvoie à celui des valeurs et des idéologies. Par exemple une intention non raciste peut aboutir à une pratique discriminatoire et des personnes ouvertement racistes peuvent avoir des pratiques non discriminatoires.

La deuxième partie fait le point sur l’état du droit en matière de discrimination, son évolution en ce domaine et le rôle de la HALDE. Au-delà de l’appréhension des outils juridiques existants, il s’agit de comprendre les mécanismes de construction de la preuve dans ce type de dossiers.

Enfin, la troisième partie est consacrée à la pratique syndicale grâce au guide méthodologique élaboré par l’UD.

En 2005 : le projet Action & Vigilance

L’idée du projet européen « ACTION ET VIGILANCE » est née en juin 2004, dans le cadre d’EQUAL. Le projet a commencé en 2005 pour se terminer en décembre 2007. Il est soutenu par le Fonds Social Européen (FSE) et l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (l’Acsé), entre autres. Il réunit la CFDT Paris, le MEDEF Paris, la CGPME Paris, la Ville de Paris et ALGORA association spécialisée, en particulier dans la formation ouverte et à distance.

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L’objectif est d’améliorer notre dispositif de formation et de le partager avec les autres membres afin de toucher l’ensemble des acteurs : militant-e-s syndicaux d’entreprises en ce qui concerne la CFDT, responsables d’entreprises pour le MEDEF et la CGPME, cadres de directions volontaires pour la Ville.
Et enfin, en 2007, nous avons lancé ce travail en direction des militant-e-s des trois fonctions publiques (hospitalières, territoriales et d’Etat), ce guide en est l’aboutissement.

Depuis 2010, les formations sont effectuées par l’IREFE, Institut de formation de la CFDT en IDF.
Ces dernières années, la CFDT Paris s’est concentrée sur son action pour la prévention des violences sexistes et sexuelles au travail, mais a poursuivi son action contre les discriminations à travers la prise en charge de dossiers de salariés victimes de racisme et/ou de discrimination.

L’action sur les discriminations

La lutte contre les discriminations dispose d’un cadre juridique qui précise que le fondement de toute action en matière de lutte contre les discriminations repose sur la capacité de la personne se disant discriminée d’apporter « des éléments de faits laissant supposer l’existence d’une discrimination directe ou indirecte ». La recherche des éléments de preuve sera centrale pour gagner une action contre les discriminations.

Pour la CFDT, l’action judiciaire n’est pas une fin en soi. Toutefois, en matière de lutte contre les discriminations, s’y préparer est déterminant. Dés le premier contact avec celui ou celle se disant victime, et à chaque étape, les militant-e-s sollicité-e-s devront déterminer si cette discrimination est illicite ou non au regard des textes.

Les phénomènes discriminatoires sont « systémiques » et il n’y a pas qu’un seul responsable. L’action syndicale de la section devra dépasser l’action judiciaire pour s’interroger sur le fonctionnement de l’établissement ou administration concerné afin de déterminer les causes, au-delà les comportements individuels, qui génèrent des discriminations.

Notre combat pour l’égalité et contre les discriminations, en sus de l’appropriation des textes, nécessite un changement de posture de tous les acteurs pour faire émerger et consolider les éléments de preuve apportés par les salariés. Si l’action judiciaire peut s’avérer un levier important, au final c’est l’action syndicale qui sera déterminante pour éradiquer les situations discriminatoires et tendre vers plus d’égalité.