UNE CFDT Paris au service des travailleurs Parisiens

Publié le 7 juillet 2020

Après avoir assuré l’accompagnement du public à distance pendant huit semaines, la CFDT Paris a décidé de rouvrir son bâtiment de cinq étages dès le 12 mai et au terme d’une minutieuse préparation.

Avant la crise sanitaire, l’immeuble accueillait environ 1 000 personnes chaque semaine. « Nous avons beaucoup discuté avec nos structures syndicales pour peser le pour et le contre. Finalement, nous avons prévu une ouverture en deux temps : du 12 au 25 mai, nous accueillerons les militants qui souhaitent réintégrer leurs bureaux ; à partir du 25 mai, si l’épidémie n’est pas repartie à la hausse et que le déconfinement se confirme sur le territoire parisien, nous serons en mesure de recevoir du public du lundi au vendredi », explique Eloïse Rousseau, secrétaire générale de la CFDT Paris.

Avec toutes les interrogations qu’elle suscite, la réouverture du bâtiment est un choix assumé par la CFDT Paris : « Nous avions déjà fait le choix d’ouvrir une demi-journée par semaine pendant le confinement pour traiter le courrier urgent. Il y a des délais juridiques qui ne peuvent pas attendre. Les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration s’effondrent, les commerces de proximité sont en danger. Comment aider les salariés du nettoyage ou de la sécurité, dont beaucoup n’ont pas internet, sinon en les accueillant physiquement ? Pour nous, le syndicalisme à distance a atteint ses limites. »

Des appels en nombre

Dès le début du confinement, une permanence a été mise en place – elle reste valable depuis la réouverture – pour tous les travailleurs parisiens, adhérents ou non, avec une boîte mail dédiée (covid19@cfdtparis.com) et un numéro de téléphone placardé en gros sur la façade de l’immeuble de l’UTI (01 42 03 88 00). Bilan : près de 2 300 appels ont déjà été enregistrés depuis mi-mars. « Des gens nous appelaient parce qu’ils se trouvaient devant la façade. Ces personnes n’ont pas d’adresse électronique ou maîtrisent mal la langue française, comment les aider par mail ? », rapporte Fabian Tosolini, trésorier de la CFDT Paris, qui a assuré la permanence téléphonique. Au rythme des annonces gouvernementales aussi nombreuses que confuses, le téléphone n’a pas arrêté de sonner. « Pertes d’emploi, difficultés à toucher le chômage partiel, interrogations liées à la reprise d’activité : les gens ont peur, sans parler de ceux directement touchés par un deuil. Pour tous ceux-là, il faut une écoute et, mieux encore, une présence », poursuit Fabian Tosolini.
Outre les militants qui le désirent, les dix salariés de l’UTI parisienne vont donc progressivement revenir dans leurs locaux : ils seront deux jours par semaine sur site et le reste du temps en télétravail.

Dons de masques à toutes les structures de l’UTI

« Nous ne sommes pas égaux face au confinement », souligne Éloïse Rousseau. En effet, certains militants n’ont pas d’espace pour travailler chez eux, d’autres pour qui rien ne remplace la proximité avec des travailleurs précaires vivent très mal l’obligation de rester chez eux, à rebours de leur engagement et de leurs convictions.

« Nous prenons un risque et nous n’excluons pas de fermer à nouveau le bâtiment en cas de rebond de l’épidémie, mais si nous n’ouvrons pas rapidement, nous prenons également le risque de perdre les travailleurs les plus précaires, les plus impactés par la crise. »

De plus, beaucoup d’appels sont venus de non-adhérents qui ont découvert le syndicalisme ou changé l’image qu’ils en avaient. Cette période est donc aussi un levier de développement important même si se protéger et protéger les autres représente un budget pour la CFDT Paris : achats de masques (jetables et en tissu lavable), gants (pour l’agent d’accueil), lingettes (pour les badges visiteurs), surblouses (pour les agents de nettoyage), Plexiglas, produits virucides, gel hydroalcoolique, marquage au sol. L’UTI a également choisi de faire un geste solidaire et va offrir des masques aux 36 structures syndicales qu’elle héberge.

Claire Nillus - CFDT Magazine