Ouverture des 12 dimanches à Paris :Pour un socle commun de contreparties à tous les salariés !

Publié le 15 novembre 2016 • Mis à jour le 26 janvier 2017

La Maire de Paris a communiqué son choix de permettre l’ouverture des commerces de détail 12 dimanches en 2017, soit le maximum autorisé par la loi Macron. Pour justifier cette décision, Anne Hidalgo argue de la baisse de la fréquentation touristique et des difficultés économiques des commerces en 2016. Bruno Julliard indique même que " les dimanches du maire garantissent à tous les salariés une rémunération deux fois plus importante que celle qu’ils touchent les autres jours de la semaine et un jour de repos »...

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Et non ! Contrairement à ce que dit l’adjoint à la Maire, les salariés qui travailleront ces dimanches ne bénéficieront pas tous d’un cadre « protecteur » offert par la loi. Et c’est vraiment ne pas vouloir l’entendre que de continuer à dire l’inverse puisque la CFDT Paris l’a souligné à de multiples reprises à ses interlocuteurs de la Mairie de Paris.

Seuls les salariés des commerces de détail auront droit à une rémunération double et un repos compensateur ! Par exemple, les nombreux agents d’entretien, de sécurité, les démonstrateurs,… travaillant le dimanche dans ces commerces ne bénéficieront pas de ces contreparties. Pour les salariés de la restauration, le dimanche est même un jour « banalisé » n’ouvrant droit à aucune contrepartie.

Pour la CFDT Paris, il est injuste que des salariés parisiens, qui travailleront les même dimanches -y compris dans les mêmes commerces- mais sans appartenir aux branches du commerce de détail, ne bénéficient pas de ces contreparties. C’est pourquoi nous avions proposé à la Maire de prendre une position intermédiaire (entre 5 et 12) pour 2017 et conditionner l’ouverture des 12 dimanches (le maximum légal) à un engagement des représentants patronaux parisiens d’ouvrir des discussions interprofessionnelles afin que les salariés parisiens soient tous pris en compte.

En ne posant aucune condition à ces 12 ouvertures, la Maire de Paris nous prive d’un levier face aux employeurs, et prive ainsi la majorité des salariés travaillant le dimanche d’un socle juste et équitable de rémunération le dimanche.
Si nous sommes réceptifs à l’argument économique, nous le sommes encore plus aux conditions de travail et de rémunération de la totalité des salariés concernés. Ainsi, cette décision est un bien mauvais signal. Quels intérêts auront les employeurs à discuter de contreparties dès lors que le nombre de 12 dimanches travaillés est déjà acté ?

La CFDT Paris revendique donc un socle commun de contreparties pour les salariés parisiens qui travaillent le dimanche. Nous demandons à la Maire de Paris de s’engager dès maintenant à ne pas autoriser les ouvertures de plus de 5 dimanches en 2018 si les employeurs continuent à refuser le principe même d’un accord territorial qui couvrirait tous les salariés parisiens.

Contact :
Christophe Dague, Secrétaire général de la CFDT Paris
06 70 77 06 90