Ce contexte économique, qui n’est pas que conjoncturel mais devient aussi structurel, pousse les dirigeants à sabrer dans la masse salariale en réorganisant, à intensifier le travail, à mettre en place des dispositifs de mobilité pour pallier aux déficits de main d’œuvre dans certains bassins…
Ainsi, il n’y a quasiment plus de recrutement externe, un seul départ remplacé sur cinq, voire sur sept à Paris. Les apprentis ne sont plus embauchés à l’issue de leur apprentissage, mais intègrent un « vivier ». Les postiers parisiens, que ce soit dans les bureaux de poste ou à la distribution, sont dans la ligne de mire : ils sont fortement incités à aller travailler en Banlieue, où les conditions et l’environnement de travail sont plus difficiles, voire dangereux dans certains endroits.
Parce que Paris concentre plus du tiers des postiers franciliens, la tentation patronale de remettre en cause la spécificité sociale des « parisiens » est forte. Au nom de la solidarité, les réorganisations tendent à supprimer des emplois en nombre, pour mieux justifier les politiques de redéploiement. Alors que Paris a déjà perdu plus de 5 000 emplois de postiers depuis 2002, un pallier supplémentaire va être franchi :
Fusion de bureaux de poste pour fluidifier les emplois (et en supprimer au passage), extension des horaires d’ouverture impactant les régimes de travail.
Intensification du travail en déterminant sur l’année un certain nombre de semaines où les facteurs devront faire à deux ou trois le travail de quatre. Là encore, Paris demeure un peu plus « protégée » : entre 4 et 10 semaines par an, pour 10 à 20 semaines en Banlieue.
Il est évident que cela impacte fortement la santé au travail, mais cela ne semble pas être une priorité patronale.
Incitation à la mobilité externe, au travers d’un dispositif appelé « fluidité », soit vers d’autres services des fonctions publiques, soit vers la création d’entreprise, soit de départ anticipé à la retraite.
De fait, cette volonté d’aller plus vite et plus loin dans les économies se heurte à plusieurs écueils : un embouteillage fort dans certaines catégories de cadres à reclasser (plus de 200 cadres supérieurs en surnombre en Ile-de-France) ; une souplesse organisationnelle qui maltraite les rythmes de travail, de repos ; un rejet de plus en plus grand des postiers, générant des conflits sociaux.
Dans un autre registre, le Courrier souhaite recueillir les souhaits des clients-usagers sur les services attendus, en organisant des tables rondes avec des habitants par arrondissement. Nous invitons les éventuels militants parisiens sollicités à y participer en lien avec le syndicat des Postes.
La Poste SA est aujourd’hui prise dans la logique de demeurer rentable et d’équilibrer ses comptes. Ce qui ne peut se faire, dans ce contexte de crise, que sur le dos des personnels ! Si la CFDT n’a pas attendu ce changement statutaire pour agir sur l’emploi et les conditions de travail, la marge pour obtenir des résultats concrets et des contreparties pour les postiers se réduit comme peau de chagrin. Seul élément positif : la possibilité de négocier un contrat de prévoyance collectif obligatoire pour les fonctionnaires, obtenu dans la loi postale grâce à la CFDT, au grand dam de FO, dont le Secrétaire Général Fédéral vient d’être « débarqué » par ses troupes lors de leur congrès !
Plus d’infos sur le site SF3C : www.cfdtsf3c.org
