Daniel Bertrand, Conseiller du salarié

Publié le 24 juin 2016 • Mis à jour le 25 juillet 2016

« Ma mission me permet d’acquérir une expérience supplémentaire sur le terrain et de défendre les salariés »

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Délégué départemental de l’UD Paris, en charge des questions de syndicalisation et de proximité, Daniel Bertrand est devenu en janvier dernier conseiller du salarié. Grâce à un riche parcours syndical, ce militant peut accompagner et défendre les salariés confrontés à une situation difficile de leur carrière professionnelle : l’entretien de licenciement.

Quelles raisons t’ont poussé à t’investir dans le mandat de conseiller du salarié ?

Daniel Bertrand : Adhérent à la CFDT depuis 1977, j’ai occupé différents mandats syndicaux au cours de ma carrière chez Habitat puis au Bon Marché. Délégué syndical, délégué du personnel, membre du CE et du CHSCT … Actuellement, je suis négociateur dans la branche des grands magasins et membre de la Commission paritaire national pour l’emploi et la formation professionnelle. Ce parcours syndical m’a permis d’acquérir de nombreuses compétences et une connaissance pointue du monde du travail. Toutefois, je n’avais pas envie de rester enfermé dans les textes de lois. Au mois de janvier, j’ai proposé à la CFDT Paris de devenir conseiller du salarié. Ma mission me permet d’acquérir une expérience supplémentaire sur le terrain et de défendre les salariés. C’est un vrai mandat militant.

Quels bénéfices tires-tu de ton engagement syndical ?

D.B. : Le sentiment d’être utile et de rendre service ! J’accompagne les salariés, qui n’ont pas de représentant du personnel dans leur entreprise, lors de leur entretien de licenciement. Comme ils ne maîtrisent pas le code du travail et ne connaissent pas le rôle des syndicats, ils se retrouvent souvent démunis quand ils reçoivent une lettre de convocation pour l’entretien. Face à ce moment difficile de leur vie professionnelle, ils ont besoin d’être aidés, soutenus et réconfortés. En tant que conseiller du salarié, je suis confronté à toutes sortes de situations. Des salariés qui sont licenciés à la suite d’une restructuration, à leur retour d’un congé parental ou tout simplement car ils étaient en désaccord avec leur patron.

Comment décrirais-tu la mission de conseiller du salarié ?

D.B. : Mon rôle est de faire respecter la procédure de licenciement et d’informer les salariés de leurs droits. J’essaie également de faire en sorte qu’ils soient licenciés dans les meilleures conditions possibles et d’éviter que l’entretien ne tourne en leur défaveur. Ainsi, un employeur qui souhaitait licencier un salarié pour faute grave avec mise à pied conservatoire s’est rendu compte qu’une procédure aux prud’hommes serait contraire à ses intérêts et a préféré conclure une transaction à l’amiable. Pour défendre au mieux le salarié et trouver les bons arguments face au patron, il est primordial de préparer cet entretien au maximum. De plus, le suivi ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise. Après la rédaction du compte-rendu de l’entretien, je propose toujours une adhésion à la CFDT. S’ils engagent une procédure aux prud’hommes, ils pourront bénéficier du soutien et de l’expertise des personnes compétentes à la CFDT. Les salariés ne doivent pas être lâchés dans la nature à l’issue d’un licenciement.