Anne Cassiot, Conseillère du salarié

Publié le 24 juin 2016 • Mis à jour le 29 juillet 2016

« Conseillère du salarié, c’est un mandat dont on ne se lasse pas ! »

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Adhérente à la CFDT depuis 2007, Anne Cassiot a fait le choix de s’investir dans le mandat de conseillère du salarié. Après quatre années d’exercice de cette mission, cette attachée de presse dans une association humanitaire aspire désormais à transmettre ses compétences aux nouvelles recrues.

Pourquoi as-tu souhaité t’investir dans ce mandat ?

Anne Cassiot : Une collègue de mon Syndicat CFDT des Mouvements et Associations (SMA) m’a raconté son expérience de conseillère du salarié. Avant qu’elle me présente sa mission, je ne connaissais pas exactement le rôle des conseillers. Très rapidement, j’ai décidé de m’investir dans ce mandat pour aider à la fois les salariés et mon syndicat. Je souhaitais porter au quotidien les valeurs de la CFDT dans les entreprises...

Quels bénéfices t’apporte ton engagement syndical ?

A.C. : Depuis 12 ans, je suis attachée de presse dans une association humanitaire. Mais, grâce à ce mandat, j’ai immédiatement le sentiment d’être utile aux autres. En moins d’une semaine, je vois les effets réels de mon travail. Je soutiens les salariés et je suis à leur écoute dans une période difficile de leur vie. Le licenciement est une rupture qui fait mal. Je veille donc à préparer, avec eux, l’entretien pour qu’ils se défendent le mieux possible et à ficeler un compte-rendu de qualité. Même s’il aboutit à une rupture de contrat, l’entretien préalable doit aider le salarié à rebondir. S’il n’a pas réussi à s’exprimer lors de celui-ci, le salarié restera dans le ressentiment à l’encontre de son manager et n’arrivera pas à passer à l’étape suivante. J’ai le sentiment d’avoir réussi mon accompagnement quand un salarié m’appelle pour me dire qu’il a retrouvé un nouvel emploi. C’est un mandat gratifiant qui m’a apporté de meilleures connaissances de l’humain en situation de crise.

Quelles sont les situations qui t’ont le plus surprise au cours de ton mandat ?

A.C. : Conseillère du salarié, c’est un mandat dont on ne se lasse pas ! Je suis tous les jours surprise et je ne sais jamais ce qui m’attend lors de l’entretien préalable. Depuis quatre ans que j’exerce ma mission, je n’ai pas rencontré deux dossiers identiques. Le panorama des situations en entreprise est très large. On rencontre toutes sortes de personnalités et on accède à des secteurs d’activité très variés. Cette expérience m’offre une grande ouverture sur le monde du travail. En tant que conseillère du salarié, je passe par des licenciements économiques à des licenciements pour fautes lourdes. Les relations entre l’employeur et le salarié sont parfois conflictuelles. Mais ce qui m’a le plus marqué ce sont les salariés qui ne m’ont pas tout dit lors de la préparation à l’entretien et d’avoir ensuite découvert certaines choses devant l’employeur. Des affaires de drogues sur le lieu de travail, des histoires d’amour … C’est très délicat quand des informations ont été cachées.

Tu es conseillère du salarié depuis quatre ans. Comment valorises-tu les compétences acquises ?

A.C. : Grâce à cet engagement militant, j’ai pu acquérir des connaissances en droit du travail et maîtriser l’entretien préalable sur le bout des doigts. J’aspire désormais à transmettre mon expérience aux nouveaux conseillers du salarié. J’accompagne trois d’entre eux dans le cadre du tutorat. Je me renseigne régulièrement sur leurs difficultés et ils peuvent me contacter s’ils le désirent. Les premiers entretiens ne sont jamais faciles. Pour les préparer à l’exercice de leurs fonctions, ils bénéficient au début de leur mandat d’une formation qui leur donne des clés théoriques sur le droit du licenciement. Ils apprendront le reste au fur et à mesure sur le terrain. Malgré les appréhensions, il ne faut pas avoir peur de se lancer !